Archive pour septembre, 2014

James SALTER

 

« Vous pilotez toujours?

- Bien sûr ! Je décolle régulièrement d’Andrews en ce moment.

- J’ai entendu dire que vous aviez un général nègre dans l’aviation, poursuivit Eddie.

- On dit l’ »armée de l’air » aujourd’hui.

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Couv Et rien d'autre

 

Et rien d’autre de James SALTER aux éditions de l’Olivier

 Voici, pour cette année encore, le coup parfait: il est réalisé par les éditions de l’Olivier qui parviennent à damer le pion à tous leurs concurrents…

 Lorsque ce n’est pas Franzen, Eugenides, Ford ou quelqu’un d’autre de la réserve exceptionnelle d’auteurs américains de l’écurie d’Olivier Cohen, voilà le doyen de la maison que peu ont lu (il n’a rien publié depuis une trentaine d’années) et qui s’impose sans discussion possible dès le mois d’août comme l’événement de la rentrée littéraire.

 Et rien d’autre, « All that is » en anglais, expose l’itinéraire de Philip Bowman (que l’on peut très bien entendre en franglais comme « bel homme ») qui apparaît à bord d’un navire de guerre dans le Pacifique, avec l’attitude indécise de la plupart des jeunes gens de son âge. Il s’épaissira peu à peu jusqu’à incarner l’archétype du séducteur intellectuel new-yorkais. Philip Bowman aura été auparavant marqué par un mariage raté qui lui servira tout au long de sa vie comme un repère, un phare signalant les écueils que sa relation avec les femmes pourrait rencontrer. En effet, ces dernières défileront dans sa vie avec de nombreux points d’extases au regard des quelques désagréments passagers que notre héros aura rencontrés.

 Enid, Christine, Anet, Ann succombent tour à tour dans les bras de cet homme lancé dans une carrière confortable d’éditeur.

James Salter procède dans son écriture par des instantanés comparables aux épiphanies que James Joyce avait définies avant lui. Ainsi la vie de Philip Bowman s’apparente à un kaléidoscope, un palais des souvenirs où les pays, les villes, les hôtels, les maisons s’emboîtent et forment une histoire américaine ouverte sur le monde, une histoire new-yorkaise…

 Tout n’est pas égal dans cet enfilage d’instants gracieux, la patte de James Salter produit un effet glissant, synthétique et virtuose, on le perçoit très bien quand il décrit l’histoire récente de l’Amérique. La guerre du Pacifique, du Vietnam, l’assassinat de Kennedy sont abordés sommairement mais avec conviction. Le milieu littéraire garde quant à lui tout son mystère, James Salter en propose quelques portraits mais il ne cherche pas à le réduire à des recettes, ni à des anecdotes. Le métier d’éditeur semble se dissoudre dans les voyages et les rencontres et sert de carte de visite à Bowman, cet homme délicieusement placide, nostalgique du seul moment où il se sentit un homme d’action, ses années de guerre…

F.B.

Publié dans:rentrée automne 2014 |on 20 septembre, 2014 |Pas de commentaires »

Amélie NOTHOMB

 

 

 

« La France est ce pays magique où le plus commun des troquets peut vous servir n’importe quand un grand champagne à température idéale. »

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Amélie NOTHOMB petronille-481726-250-400

Pétronille d’Amélie NOTHOMB chez Albin Michel

 

Pétronille mais parce qu’elle pétille ! Voilà…

Ode véritable au Champagne dont les marques citées pourront apprécier la publicité gratuite offerte par l’auteur, Pétronilleinvite aussi à déambuler dans les coulisses de la vie d’un écrivain très célèbre.

Amélie Nothomb, que ce soit vrai ou faux peu importe, s’est mise en tête, il y a longtemps de cela, de trouver un compagnon ou une compagne de beuverie.

Une certaine Pétronille Fanto s’est révélée être une complice idéale. On reconnaîtra facilement derrière ce pseudo qui brille impeccablement, Stéphanie Hochet, l’auteur entre autre deMoutarde douce, une fréquentation de longue date d’Amélie Nothomb. Depuis précisément la réception d’une lettre écrite alors par une lectrice inconnue et admirative.

Le récit de cette amitié construite à coups de bulles de Champagne comporte de nombreuses scènes d »anthologie » qui fonctionnent plutôt bien. La boisson légère et enivrante convient à Amélie Nothomb qui sans creuser les affres de son existence, l’autofiction n’étant pas encore sa religion, se contente de dispenser avec élégance quelques leçons de vie encadrées par des auteurs vers lesquels son lectorat a peu de chance de se précipiter.

Mais bon, le millésime Nothomb 2014 se porte bien, il est fruité, charnu et onctueux mais ne tient hélas que peu de temps en bouche.

F.B.

Publié dans:Non classé |on 6 septembre, 2014 |Pas de commentaires »

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