Archive pour mars, 2015

Josef WINKLER

 

 

 

« Il arrivait souvent que  ma grand-mère paternelle et ma toute jeune mère, après une divergence d’opinion qui ne valait même pas la peine d’être mentionnée, ne s’adressent plus la parole. Ma grand-mère, femme dodue, qui, jadis, lorsque Hitler avait traversé Kamering en grand arroi, s’était précipitée sur le seuil de sa maison et, levant les bras au ciel, s’était écriée « Heil Hitler ! Heil Hitler ! », quittait alors la cuisine, outragée, et se retirait dans sa chambre, au premier étage. « Voilà bien cinq ans que Petite mère a crevé », lança un jour à ma mère, dit-on, ma grand-mère, en parlant de la défunte mère de ma mère, qui, pendant la Deuxième Guerre mondiale, perdit trois fils encore dans la fleur de l’âge et mourut d’avoir eu le cœur brisé. Ma mère, comme elle devait me la racontait bien des fois par la suite, en fut profondément blessée. Petite mère a crevé. « On parle ainsi d’une bête, non d’un être humain », s’insurgea-t-elle.

P.43-44

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Mère et le crayon de Josef WINKLER aux éditions Verdier.

Publié dans:Rentrée hiver 2015 |on 28 mars, 2015 |Pas de commentaires »

James LEVER

« Passé un certain cap dans la vie n’arrivent plus que des récompenses, ajouta t-il, pour des choses que tu ne te rappelles pas avoir fait. »

P.8

 

James LEVER dans Rentrée hiver 2015 003369747

Moi Cheeta, une autobiographie hollywoodienne - mémoires recueillies par James LEVER

Publié dans:Rentrée hiver 2015 |on 25 mars, 2015 |Pas de commentaires »

Nathalie QUINTANE

« Je ne voudrais pas que tu croies, cher Jean-Paul, que je prends aveuglement fait et cause pour les banlieues – je sais bien qu’il y a là autant de connards qu’ailleurs. Car il y a des gros cons dans la finance, et il y a aussi des gros cons dans l’université, des gros cons dans l’enseignement, des boulangers et des plombiers qui sont de sacrés gros cons. Là-dessus, tout le monde est d’accord. »

p.50

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Les années 10 de Nathalie QUINTANE, aux éditions de La Fabrique.

Publié dans:Au fil des jours |on 16 mars, 2015 |Pas de commentaires »

Rolf Dieter BRINKMAN

« - Je balançais mon verre de vin sur ma jambe croisée, – au bout d’un moment, je vis rouge en entendant les multiples petites critiques, il fut question de machines à café qu’on ne trouve pas ici, comme s’ils s’en étaient toujours servis avant, d’une chaise qui ne va pas avec le bureau, comme si avant, ils n’avaient jamais posé leurs fesses que sur  les meilleures chaises, puis l’un se leva et se mit à énumérer des comparaisons avec une Villa de Florence qui accueillait des boursiers, où ce pingouin démerdard avait déjà passé 1 année – suivirent des noms de professeurs, il fut question de visites – l’un voulait qu’un journaliste de télévision connu vienne habiter ici, pour qu’il puisse jeter un regard par-dessus son épaule quand il travaille et tourner un film pour la télé, il fut question de la visite d’un député suiffeux du Parlement allemand, Carlo Schmid, qui désirait subitement venir ici et qui s’était mis à la retraite, et qui avait même traduit un bouquin un jour – je devins de plus en plus cinglant et enragé et finalement tout se termina sur un ton furieux – fin de la soirée – ils s’acoquinèrent encore pour aller trinquer en bande dans un coin, avec leurs morues, je tanguais tout seul dans l’allée éclairée artificiellement, butai contre une rangée de bustes, les tâtai, parfois je ne savais pas s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme en palpant les seins – ils ont tous d’une certaine façon les cheveux un peu longs et les coiffures se ressemblent et ces poitrines naissantes, on les rencontre aussi chez des adolescents et les visages étaient presque tous ronds – une espèce d’hermaphrodites prisés par les romains – sans nez, énucléés, etc. – je gueulai quelques jurons de rage bien allemands à travers les buissons en direction de la route en contrebas, où des Italiens faisaient démarrer leurs voitures de merde – et cela a dû être un moment étrange, d’entendre brusquement dans la nuit, une voix proférer des imprécations sauvages et étrangères, en provenance d’un fouillis végétal très haut par-dessus les têtes. »

P. 28 et 32

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Rome, Regards de Rolf Dieter BRINKMANN aux éditions Quidam éditeur.

Publié dans:Au fil des jours |on 9 mars, 2015 |Pas de commentaires »

Tom DRURY

« Il trouvait que ce Montaigne, là, avait bien raison : ce qu’il n’admirait pas chez lui-même, il n’était pas en mesure de s’en débarrasser. C’était là, devant lui, toujours, à guider ses mouvements. »

P.96

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Les fantômes voyageurs de Tom DRURY au éditions Cambourakis.

Publié dans:Au fil des jours |on 2 mars, 2015 |Pas de commentaires »

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