Archive pour avril, 2015

Philippe JACCOTTET

« Pas plus que les paysans qui travaillent ici dans les terres, je ne passe mon temps à contempler des paysages ; bien souvent les besognes et les soucis envahissent nos journées, et c’est le temps d’un coup d’oeil jeté à la fenêtre, une course au village, ou simplement au moment d’aller couper du bois pour le feu du matin que je retrouve le contact avec ce qui m’entoure ; or, je ne doute pas qu’il n’en aille de même, plus confusément peut-être pour ceux d’ici ; ils savent très bien que leur pays est beau et, quoiqu’ils aient d’autres préoccupations infiniment plus immédiates, j’ai l’impression que ces montagnes sont pour la plupart d’entre eux une présence vague, et qu’elles font partie des rares agréments de leur vie. »

 P.103

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Oeuvres de Philippe JACCOTTET aux éditions Gallimard, La Pléiade.

Publié dans:Au fil des jours |on 27 avril, 2015 |Pas de commentaires »

Josef WINKLER (2)

« Elle ne fréquentait aucun autre foyer du village, ne daignait pas même paraître au presbytère. J’y passais quant à moi, au contraire, plusieurs fois par semaine, pour admirer le Christ sans bras qui était suspendu au mur du grand vestibule glacial, et que deux hommes, autrefois, avaient précipité dans un torrent, et j’en profitais pour lui rapporter les histoires que le curé me racontait. Franz Reinthaler, notre curé, avait repêché, après cet acte sacrilège, le torse du Christ dans la rivière, mais les bras ne furent jamais retrouvés. Les deux profanateurs, me raconta le curé, perdirent leur deux bras à la guerre, durent vivre dès lors avec deux prothèses en bois que prolongeaient des crochets de fer, et, jusqu’à leur dernier jour,  ce furent les femmes et les enfants du village qui leur donnèrent à manger. »    

P.77

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Mère et le crayon de Josef WINKLER aux éditions Verdier.

 

 

 

Publié dans:Rentrée hiver 2015 |on 22 avril, 2015 |Pas de commentaires »

Andri Snaer MAGNASON

 

 

 

Ils s’étreignirent comme si c’était la première fois qu’ils s’étreignaient, puis s’étreignirent comme si c’était la dernière fois, puis s’étreignirent de l’étreinte de ceux qui veulent s’étreindre pour l’éternité jusqu’à ce que la mort les séparent.

P.395

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LoveStar d’Andri Snaer MAGNASON aux éditions Zulma.

Publié dans:Rentrée hiver 2015 |on 8 avril, 2015 |Pas de commentaires »

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