Archive pour la catégorie 'Au fil des jours'

Isaac BABEL

Les sons qui sortaient de mon violon crissaient comme de la limaille de fer. Même moi, ces sons m’écorchaient le cœur, mais mon père ne voulait pas renoncer.

p.79

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(Histoire de mon pigeonnier) Oeuvres complètes d’Isaac BABEL aux éditions Le bruit du temps.

Publié dans:Au fil des jours |on 23 novembre, 2015 |Pas de commentaires »

Michel LEIRIS

19 août.

Suite des histoires de Mamadou Vad : celle de la grande bataille du singe et du chien ; celle du marabout qui, entré dans le derrière d’un éléphant pendant le sommeil de ce dernier, lui marcha par mégarde sur le cœur en sortant et se trouva coincé par suite d’une contraction du sphincter..

p.122

 

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L’âge d’homme précédé de L’Afrique fantôme  de Michel LEIRIS, Bibliothèque de la Pléiade.

Publié dans:Au fil des jours |on 18 novembre, 2015 |Pas de commentaires »

Michel LEIRIS

Le mariage bobo, selon lui, s’accomplit de la manière suivante : durant le tamtam, quand tout le monde est bien excité, le jeune homme qui brigue la main d’une jeune fille se jette sur elle, devant tout le monde. S’il ne la pénètre pas d’un seul coup, il est considéré comme inapte et le mariage n’a pas lieu.

P. 105

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L’âge d’homme précédé de L’Afrique fantôme  de Michel LEIRIS, Bibliothèque de la Pléiade.

Publié dans:Au fil des jours |on 17 octobre, 2015 |Pas de commentaires »

MANCHETTE – TARDI

C’était une dame. Des cheveux noirs, courts, en forme de casque, ça se porte beaucoup en ce moment, avec une frange, voyez-vous ? Des yeux bleus, un nez fin et long, une bouche un peu tombante, comme Jeanne Moreau, l’actrice, voyez-vous ? Taille moyenne, peut-être un mètre soixante-trois, la peau sèche,une trentaine d’années, un imperméable en nylon bleu marine, boutonné jusqu’au cou, et des bottes de cuir bleu. Elle avait un chapeau de pluie à la main assorti à son imperméable, et…ah, elle portait des gants montants en peau bleue et elle fumait une cigarette à bout liégé. C’est tout ce que je vois, en fait je n’ai pas fait très attention.

P.34

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La position du tireur couché de Manchette – Tardi aux éditions Futuropolis

Publié dans:Au fil des jours |on 28 juin, 2015 |Pas de commentaires »

Charles REZNIKOFF

Sa bonté est pareille au soleil

filtrant à travers l’arbre au crépuscule.

 

Son indulgence est pareille au soleil,

perçant la brume sur l’étendue marine.

 

P.23

 

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Rythmes 1 & 2 poèmes de Charles REZNIKOFF aux éditions Héros-Limite.

Publié dans:Au fil des jours |on 31 mai, 2015 |Pas de commentaires »

Charles REZNIKOFF

Comment donc vous pleurer, qui fûtes tués, gâchés,

certains que vous ne mourriez pas sans avoir achevé

                 votre tâche, 

comme si la faux dans l’herbe s’arrêtait pour une fleur ?

 

P.23

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Rythmes 1 & 2 poèmes de Charles REZNIKOFF aux éditions Héros-Limite.

Publié dans:Au fil des jours |on 11 mai, 2015 |Pas de commentaires »

Jean BALDE

Il écoutait le murmure du clapotis, respirait la brise. Le bassin avait l’éclat d’une soie froissée.

P.166

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Le Goéland de Jean BALDE aux éditions du Festin.

 

 

Publié dans:Au fil des jours |on 8 mai, 2015 |Pas de commentaires »

Philippe JACCOTTET

« Pas plus que les paysans qui travaillent ici dans les terres, je ne passe mon temps à contempler des paysages ; bien souvent les besognes et les soucis envahissent nos journées, et c’est le temps d’un coup d’oeil jeté à la fenêtre, une course au village, ou simplement au moment d’aller couper du bois pour le feu du matin que je retrouve le contact avec ce qui m’entoure ; or, je ne doute pas qu’il n’en aille de même, plus confusément peut-être pour ceux d’ici ; ils savent très bien que leur pays est beau et, quoiqu’ils aient d’autres préoccupations infiniment plus immédiates, j’ai l’impression que ces montagnes sont pour la plupart d’entre eux une présence vague, et qu’elles font partie des rares agréments de leur vie. »

 P.103

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Oeuvres de Philippe JACCOTTET aux éditions Gallimard, La Pléiade.

Publié dans:Au fil des jours |on 27 avril, 2015 |Pas de commentaires »

Nathalie QUINTANE

« Je ne voudrais pas que tu croies, cher Jean-Paul, que je prends aveuglement fait et cause pour les banlieues – je sais bien qu’il y a là autant de connards qu’ailleurs. Car il y a des gros cons dans la finance, et il y a aussi des gros cons dans l’université, des gros cons dans l’enseignement, des boulangers et des plombiers qui sont de sacrés gros cons. Là-dessus, tout le monde est d’accord. »

p.50

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Les années 10 de Nathalie QUINTANE, aux éditions de La Fabrique.

Publié dans:Au fil des jours |on 16 mars, 2015 |Pas de commentaires »

Rolf Dieter BRINKMAN

« - Je balançais mon verre de vin sur ma jambe croisée, – au bout d’un moment, je vis rouge en entendant les multiples petites critiques, il fut question de machines à café qu’on ne trouve pas ici, comme s’ils s’en étaient toujours servis avant, d’une chaise qui ne va pas avec le bureau, comme si avant, ils n’avaient jamais posé leurs fesses que sur  les meilleures chaises, puis l’un se leva et se mit à énumérer des comparaisons avec une Villa de Florence qui accueillait des boursiers, où ce pingouin démerdard avait déjà passé 1 année – suivirent des noms de professeurs, il fut question de visites – l’un voulait qu’un journaliste de télévision connu vienne habiter ici, pour qu’il puisse jeter un regard par-dessus son épaule quand il travaille et tourner un film pour la télé, il fut question de la visite d’un député suiffeux du Parlement allemand, Carlo Schmid, qui désirait subitement venir ici et qui s’était mis à la retraite, et qui avait même traduit un bouquin un jour – je devins de plus en plus cinglant et enragé et finalement tout se termina sur un ton furieux – fin de la soirée – ils s’acoquinèrent encore pour aller trinquer en bande dans un coin, avec leurs morues, je tanguais tout seul dans l’allée éclairée artificiellement, butai contre une rangée de bustes, les tâtai, parfois je ne savais pas s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme en palpant les seins – ils ont tous d’une certaine façon les cheveux un peu longs et les coiffures se ressemblent et ces poitrines naissantes, on les rencontre aussi chez des adolescents et les visages étaient presque tous ronds – une espèce d’hermaphrodites prisés par les romains – sans nez, énucléés, etc. – je gueulai quelques jurons de rage bien allemands à travers les buissons en direction de la route en contrebas, où des Italiens faisaient démarrer leurs voitures de merde – et cela a dû être un moment étrange, d’entendre brusquement dans la nuit, une voix proférer des imprécations sauvages et étrangères, en provenance d’un fouillis végétal très haut par-dessus les têtes. »

P. 28 et 32

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Rome, Regards de Rolf Dieter BRINKMANN aux éditions Quidam éditeur.

Publié dans:Au fil des jours |on 9 mars, 2015 |Pas de commentaires »
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