Archive pour la catégorie 'Rentrée hiver 2015'

Sam LIPSYTE

J’avais remarqué que les gens étaient de plus en plus nombreux à traîner derrière eux des mallettes sur roulettes. Rien ne me démoralisait plus que ces bagages conçus pour des voyageurs qui n’allaient nulle part, ceux qui prenaient leurs vacances au bureau. Parfois, je me plaisais à imaginer que leurs valises étaient pleines d’accessoires sadomaso, de trains électriques ou autres joujoux secrets; mais vous pouvez être sûrs et certains qu’ils n’étaient bourrés que de paperasses.

P.80 – 81

51BcIpMCqBL._SY344_BO1,204,203,200_

 

Demande et tu recevras de Sam LIPSYTE aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

Publié dans:Rentrée hiver 2015 |on 22 juin, 2015 |Pas de commentaires »

Sam LIPSYTE

Le fait est que j’ai toujours trouvé ce terme détestable; ma mère étant une féministe pure souche, j’ai eu beaucoup de mal à prononcer le mot salope » jusqu’à mes vingt-trois ans – même si depuis, je me suis bien rattrapé.

P.16

Sam LIPSYTE dans Rentrée hiver 2015

Demande et tu recevras de Sam LIPSYTE aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

Publié dans:Rentrée hiver 2015 |on 7 juin, 2015 |Pas de commentaires »

James LEVER

« L’oiseau jardinier possède sans doute la parade nuptiale la plus évoluée de la Création. » De toute la Création ? C’est une blague, non ? Aucune autre ne vous vient à l’esprit ? Indice : afin de parfaire sa parade nuptiale, cette créature a inventé le téléphone, le cinéma, la voiture, la musique, l’argent, la guerre moderne, le tapis en peau de tigre, l’alcool, la lumière d’ambiance, le bateau à moteur, le manteau de vison, la ville et la poésie.

P. 148-149

003369747

 

Moi, Cheeta de James LEVER aux éditions Tripode.

Publié dans:Rentrée hiver 2015 |on 18 mai, 2015 |Pas de commentaires »

Josef WINKLER (2)

« Elle ne fréquentait aucun autre foyer du village, ne daignait pas même paraître au presbytère. J’y passais quant à moi, au contraire, plusieurs fois par semaine, pour admirer le Christ sans bras qui était suspendu au mur du grand vestibule glacial, et que deux hommes, autrefois, avaient précipité dans un torrent, et j’en profitais pour lui rapporter les histoires que le curé me racontait. Franz Reinthaler, notre curé, avait repêché, après cet acte sacrilège, le torse du Christ dans la rivière, mais les bras ne furent jamais retrouvés. Les deux profanateurs, me raconta le curé, perdirent leur deux bras à la guerre, durent vivre dès lors avec deux prothèses en bois que prolongeaient des crochets de fer, et, jusqu’à leur dernier jour,  ce furent les femmes et les enfants du village qui leur donnèrent à manger. »    

P.77

mere_et_le_crayon

 

Mère et le crayon de Josef WINKLER aux éditions Verdier.

 

 

 

Publié dans:Rentrée hiver 2015 |on 22 avril, 2015 |Pas de commentaires »

Andri Snaer MAGNASON

 

 

 

Ils s’étreignirent comme si c’était la première fois qu’ils s’étreignaient, puis s’étreignirent comme si c’était la dernière fois, puis s’étreignirent de l’étreinte de ceux qui veulent s’étreindre pour l’éternité jusqu’à ce que la mort les séparent.

P.395

LaSolutionEsquimauAW

 

LoveStar d’Andri Snaer MAGNASON aux éditions Zulma.

Publié dans:Rentrée hiver 2015 |on 8 avril, 2015 |Pas de commentaires »

Josef WINKLER

 

 

 

« Il arrivait souvent que  ma grand-mère paternelle et ma toute jeune mère, après une divergence d’opinion qui ne valait même pas la peine d’être mentionnée, ne s’adressent plus la parole. Ma grand-mère, femme dodue, qui, jadis, lorsque Hitler avait traversé Kamering en grand arroi, s’était précipitée sur le seuil de sa maison et, levant les bras au ciel, s’était écriée « Heil Hitler ! Heil Hitler ! », quittait alors la cuisine, outragée, et se retirait dans sa chambre, au premier étage. « Voilà bien cinq ans que Petite mère a crevé », lança un jour à ma mère, dit-on, ma grand-mère, en parlant de la défunte mère de ma mère, qui, pendant la Deuxième Guerre mondiale, perdit trois fils encore dans la fleur de l’âge et mourut d’avoir eu le cœur brisé. Ma mère, comme elle devait me la racontait bien des fois par la suite, en fut profondément blessée. Petite mère a crevé. « On parle ainsi d’une bête, non d’un être humain », s’insurgea-t-elle.

P.43-44

mere_et_le_crayon

 

Mère et le crayon de Josef WINKLER aux éditions Verdier.

Publié dans:Rentrée hiver 2015 |on 28 mars, 2015 |Pas de commentaires »

James LEVER

« Passé un certain cap dans la vie n’arrivent plus que des récompenses, ajouta t-il, pour des choses que tu ne te rappelles pas avoir fait. »

P.8

 

James LEVER dans Rentrée hiver 2015 003369747

Moi Cheeta, une autobiographie hollywoodienne - mémoires recueillies par James LEVER

Publié dans:Rentrée hiver 2015 |on 25 mars, 2015 |Pas de commentaires »

Fictionmania |
Le Souffle |
Une vie de famille sous Lou... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | book's house
| Elplume
| La bibliothèque de Sophie