Michel LEIRIS

Le mariage bobo, selon lui, s’accomplit de la manière suivante : durant le tamtam, quand tout le monde est bien excité, le jeune homme qui brigue la main d’une jeune fille se jette sur elle, devant tout le monde. S’il ne la pénètre pas d’un seul coup, il est considéré comme inapte et le mariage n’a pas lieu.

P. 105

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L’âge d’homme précédé de L’Afrique fantôme  de Michel LEIRIS, Bibliothèque de la Pléiade.

Publié dans : Au fil des jours | le 17 octobre, 2015 |Pas de Commentaires »

MANCHETTE – TARDI

C’était une dame. Des cheveux noirs, courts, en forme de casque, ça se porte beaucoup en ce moment, avec une frange, voyez-vous ? Des yeux bleus, un nez fin et long, une bouche un peu tombante, comme Jeanne Moreau, l’actrice, voyez-vous ? Taille moyenne, peut-être un mètre soixante-trois, la peau sèche,une trentaine d’années, un imperméable en nylon bleu marine, boutonné jusqu’au cou, et des bottes de cuir bleu. Elle avait un chapeau de pluie à la main assorti à son imperméable, et…ah, elle portait des gants montants en peau bleue et elle fumait une cigarette à bout liégé. C’est tout ce que je vois, en fait je n’ai pas fait très attention.

P.34

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La position du tireur couché de Manchette – Tardi aux éditions Futuropolis

Publié dans : Au fil des jours | le 28 juin, 2015 |Pas de Commentaires »

Sam LIPSYTE

J’avais remarqué que les gens étaient de plus en plus nombreux à traîner derrière eux des mallettes sur roulettes. Rien ne me démoralisait plus que ces bagages conçus pour des voyageurs qui n’allaient nulle part, ceux qui prenaient leurs vacances au bureau. Parfois, je me plaisais à imaginer que leurs valises étaient pleines d’accessoires sadomaso, de trains électriques ou autres joujoux secrets; mais vous pouvez être sûrs et certains qu’ils n’étaient bourrés que de paperasses.

P.80 – 81

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Demande et tu recevras de Sam LIPSYTE aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

Publié dans : Rentrée hiver 2015 | le 22 juin, 2015 |Pas de Commentaires »

Sam LIPSYTE

Le fait est que j’ai toujours trouvé ce terme détestable; ma mère étant une féministe pure souche, j’ai eu beaucoup de mal à prononcer le mot salope » jusqu’à mes vingt-trois ans – même si depuis, je me suis bien rattrapé.

P.16

Sam LIPSYTE dans Rentrée hiver 2015

Demande et tu recevras de Sam LIPSYTE aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

Publié dans : Rentrée hiver 2015 | le 7 juin, 2015 |Pas de Commentaires »

Charles REZNIKOFF

Sa bonté est pareille au soleil

filtrant à travers l’arbre au crépuscule.

 

Son indulgence est pareille au soleil,

perçant la brume sur l’étendue marine.

 

P.23

 

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Rythmes 1 & 2 poèmes de Charles REZNIKOFF aux éditions Héros-Limite.

Publié dans : Au fil des jours | le 31 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

James LEVER

« L’oiseau jardinier possède sans doute la parade nuptiale la plus évoluée de la Création. » De toute la Création ? C’est une blague, non ? Aucune autre ne vous vient à l’esprit ? Indice : afin de parfaire sa parade nuptiale, cette créature a inventé le téléphone, le cinéma, la voiture, la musique, l’argent, la guerre moderne, le tapis en peau de tigre, l’alcool, la lumière d’ambiance, le bateau à moteur, le manteau de vison, la ville et la poésie.

P. 148-149

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Moi, Cheeta de James LEVER aux éditions Tripode.

Publié dans : Rentrée hiver 2015 | le 18 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Charles REZNIKOFF

Comment donc vous pleurer, qui fûtes tués, gâchés,

certains que vous ne mourriez pas sans avoir achevé

                 votre tâche, 

comme si la faux dans l’herbe s’arrêtait pour une fleur ?

 

P.23

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Rythmes 1 & 2 poèmes de Charles REZNIKOFF aux éditions Héros-Limite.

Publié dans : Au fil des jours | le 11 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Jean BALDE

Il écoutait le murmure du clapotis, respirait la brise. Le bassin avait l’éclat d’une soie froissée.

P.166

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Le Goéland de Jean BALDE aux éditions du Festin.

 

 

Publié dans : Au fil des jours | le 8 mai, 2015 |Pas de Commentaires »

Philippe JACCOTTET

« Pas plus que les paysans qui travaillent ici dans les terres, je ne passe mon temps à contempler des paysages ; bien souvent les besognes et les soucis envahissent nos journées, et c’est le temps d’un coup d’oeil jeté à la fenêtre, une course au village, ou simplement au moment d’aller couper du bois pour le feu du matin que je retrouve le contact avec ce qui m’entoure ; or, je ne doute pas qu’il n’en aille de même, plus confusément peut-être pour ceux d’ici ; ils savent très bien que leur pays est beau et, quoiqu’ils aient d’autres préoccupations infiniment plus immédiates, j’ai l’impression que ces montagnes sont pour la plupart d’entre eux une présence vague, et qu’elles font partie des rares agréments de leur vie. »

 P.103

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Oeuvres de Philippe JACCOTTET aux éditions Gallimard, La Pléiade.

Publié dans : Au fil des jours | le 27 avril, 2015 |Pas de Commentaires »

Josef WINKLER (2)

« Elle ne fréquentait aucun autre foyer du village, ne daignait pas même paraître au presbytère. J’y passais quant à moi, au contraire, plusieurs fois par semaine, pour admirer le Christ sans bras qui était suspendu au mur du grand vestibule glacial, et que deux hommes, autrefois, avaient précipité dans un torrent, et j’en profitais pour lui rapporter les histoires que le curé me racontait. Franz Reinthaler, notre curé, avait repêché, après cet acte sacrilège, le torse du Christ dans la rivière, mais les bras ne furent jamais retrouvés. Les deux profanateurs, me raconta le curé, perdirent leur deux bras à la guerre, durent vivre dès lors avec deux prothèses en bois que prolongeaient des crochets de fer, et, jusqu’à leur dernier jour,  ce furent les femmes et les enfants du village qui leur donnèrent à manger. »    

P.77

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Mère et le crayon de Josef WINKLER aux éditions Verdier.

 

 

 

Publié dans : Rentrée hiver 2015 | le 22 avril, 2015 |Pas de Commentaires »
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